Aller au contenu
GFGarantie-Financiere.proCONFORMITÉ URSSAF
ÊTES-VOUS CONCERNÉ ?

Qui doit souscrire une garantie financière ?

Tour d'horizon par profil : prestataire, mandataire, micro-entrepreneur, association, tête de réseau.

La question revient à chaque appel, et elle est presque toujours mal posée. Les organismes demandent si leur statut les oblige à souscrire une garantie financière. Or le décret n° 2024-1161 ne raisonne pas par statut. Une association, une SAS, un micro-entrepreneur et une fédération nationale sont logés à la même enseigne. Ce que le texte regarde, c'est la manière dont l'argent circule : qui l'encaisse, à quel moment, et pour quel montant sur l'année. Un organisme peut donc basculer dans l'obligation sans avoir rien changé à sa forme juridique, simplement parce qu'il a commencé à demander des acomptes ou parce que son activité a franchi un palier.

Les deux cas d'obligation

Il suffit de se reconnaître dans l'un des deux pour être soumis. Ils sont indépendants, et le premier ne comporte aucun seuil.

Cas 1, avec acompte

Garantie obligatoire dès le 1er euro. Utiliser la fonctionnalité d'acompte suffit, quel que soit le volume d'activité.

Cas 2, sans acompte

Garantie à partir de 200 000 € TTC de demandes de paiement soumises sur l'année civile en cours. Le calcul se fait en cumul, pas à la clôture comptable.

Un piège fréquent se cache dans le second cas. Le montant retenu est celui de la prestation soumise, acompte client compris. Pour une prestation de 100 € sur laquelle le client a versé 50 € d'acompte, la base prise en compte est 100 €. Un organisme qui suit son cumul en net encaissé se croit à 120 000 € quand il est en réalité au-delà du seuil.

Par type de structure

Personne âgée souriante avec son aide à domicile

1. Les organismes prestataires

Mode prestataire au sens de l'article L.7232-1 du Code du travail : l'organisme emploie les intervenants et facture directement le particulier. SAAD, agences de garde d'enfants, entreprises de ménage, soutien scolaire, petit bricolage, téléassistance.

C'est le profil le plus exposé, parce que la totalité du flux passe par la structure. Une agence de ménage qui facture 30 000 € par mois franchit le seuil de 200 000 € avant l'été, souvent sans y avoir pensé. Et si elle demande un acompte à la réservation, elle est concernée dès son premier client.

⚠ Garantie systématique dès lors que l'AVIM est utilisée.
Aide à domicile bienveillante tenant la main d'une personne âgée

2. Les organismes mandataires

Le particulier reste l'employeur juridique de l'intervenant, l'organisme gère les démarches administratives et sociales pour son compte.

La ligne de partage tient à un seul geste : encaissez-vous les fonds ? Un mandataire qui perçoit l'Avance Immédiate pour la reverser entre dans le champ du décret 2024-1161, car les sommes publiques transitent par ses comptes. Une plateforme de mise en relation qui se contente de rapprocher une famille et un intervenant, sans jamais toucher au paiement, n'est pas concernée. Beaucoup de structures se croient dans le second cas alors qu'elles sont dans le premier.

Professionnelle du ménage à domicile

3. Micro-entrepreneurs SAP

Le statut juridique ne dispense de rien. Un micro-entrepreneur déclaré SAP qui propose l'Avance Immédiate relève des mêmes règles qu'une SAS de cinquante salariés.

L'idée reçue est tenace : beaucoup pensent qu'un petit volume protège de l'obligation. C'est vrai tant que l'acompte n'est pas utilisé et que le cumul reste sous 200 000 €. Mais un indépendant qui demande la moitié à la réservation utilise, au sens du dispositif, la fonctionnalité d'acompte. Il doit alors une garantie, et ce sera le plancher de 15 000 €, soit une prime à partir de 787 € TTC par an.

Équipe d'un organisme de services à la personne

4. Associations et secteur non lucratif

Le décret s'applique sans exception aux associations qui encaissent l'AVIM : SAAD associatifs, réseaux ADMR, AAFP, structures locales d'aide à domicile.

L'absence de but lucratif ne change rien à la logique du texte. Ce n'est pas le bénéfice qui est visé, c'est le flux financier public. Une association qui déclare 1,2 million d'euros de prestations dans l'année relève de la tranche à 50 000 € de garantie, exactement comme une entreprise commerciale au même volume.

Gestion administrative et conformité URSSAF

5. Têtes de réseau

Franchise, enseigne ou fédération qui utilise l'Avance Immédiate via l'API Tiers de prestations pour le compte de ses membres : c'est la tête de réseau qui porte la garantie.

Son montant se calcule sur le volume total soumis par cette API, pas sur celui d'un membre isolé. Point à vérifier absolument : l'attestation doit indiquer quel utilisateur de l'API est couvert. Un franchisé qui suppose être protégé sans que son nom figure au document découvrira le problème le jour du blocage, pas avant.

Cas non concernés

Quatre situations restent hors du champ de l'obligation. Elles ont un point commun : soit l'organisme ne touche jamais aux fonds de l'Avance Immédiate, soit il n'utilise pas le dispositif du tout.

  • ✓Particulier-employeur direct en CESU : c'est une relation d'emploi classique, sans organisme intermédiaire.
  • ✓Plateformes de mise en relation pure, qui ne perçoivent aucun paiement pour le compte du client.
  • ✓CCAS et structures publiques, qui relèvent d'un régime spécifique adossé à la garantie de l'État.
  • ✓Structures qui ne proposent pas l'Avance Immédiate : sans recours au dispositif, aucune garantie n'est exigée.

Cette dernière ligne mérite une mise en garde. Renoncer à l'Avance Immédiate pour éviter la garantie est une fausse économie dans la plupart des cas. Le dispositif est devenu un argument commercial déterminant : entre deux prestataires, le particulier choisit celui qui lui évite d'avancer la totalité pendant un an.

L'essentiel à retenir

  • Le décret 2024-1161 ne raisonne pas par statut juridique mais par circulation des fonds. Association, micro-entreprise et société commerciale sont traitées de la même façon.
  • Deux déclencheurs indépendants : l'usage de la fonctionnalité d'acompte, dès le premier euro, ou 200 000 € TTC de demandes de paiement soumises sur l'année civile.
  • Le seuil se compte en montant de prestation soumis, acompte client inclus, jamais en net encaissé.
  • Les mandataires sont concernés dès lors qu'ils encaissent les fonds, même pour les reverser intégralement.
  • En réseau, la tête de réseau utilisatrice de l'API Tiers de prestations porte la garantie, et l'attestation doit nommer l'utilisateur couvert.
  • Restent hors champ : le particulier-employeur en CESU, les plateformes sans encaissement, les structures publiques et celles qui n'utilisent pas l'AVIM.

Questions fréquentes

Je suis micro-entrepreneur avec 60 000 € de chiffre d'affaires, suis-je concerné ?

Tout dépend de l'acompte. Sans acompte, vous êtes très loin du seuil de 200 000 € et aucune garantie n'est exigée. Si en revanche vous demandez un versement partiel à la commande ou à la réservation, vous utilisez la fonctionnalité d'acompte et l'obligation s'applique dès le premier euro, sans considération de volume. Le statut de micro-entrepreneur n'ouvre aucune dispense.

Comment savoir si je vais franchir les 200 000 € cette année ?

L'URSSAF invite à se reporter au montant total des demandes de paiement soumises dans le dispositif au cours de l'année N-1. C'est la meilleure approximation disponible et elle vaut pour les structures avec acompte comme sans. Pensez à compter en montant de prestation soumis, acompte client inclus, et non en net encaissé : pour une prestation de 100 € dont 50 € versés en acompte, la base est bien 100 €.

Une plateforme de mise en relation doit-elle une garantie financière ?

Pas si elle se limite à rapprocher un particulier et un intervenant sans jamais encaisser les fonds. Dès lors qu'elle perçoit les paiements, même pour les reverser intégralement, elle devient un organisme qui manipule des sommes issues de l'Avance Immédiate et le décret 2024-1161 s'applique. Le critère n'est pas le modèle économique affiché, c'est le passage de l'argent par ses comptes.

Un doute sur votre situation ?

15 minutes avec un conseiller pour valider votre cas et chiffrer votre attestation.

Demander un devis